Découvrir les principes du bouddhisme

Comprendre les enseignements essentiels du Bouddha : une sagesse vivante, transmise depuis 2 500 ans.

Après avoir atteint l’éveil sous l’arbre Bodhi, le Bouddha a enseigné pendant 45 ans. Son enseignement est extrêmement vaste et profond. 

D’une pédagogie très poussée, il adaptait chacun de ses discours à son auditoire. Il enseignait parfois à des princes, parfois à des érudits, mais très souvent à des personnes ordinaires, des gens du peuple.

Toute personne était la bienvenue à ses enseignements. Les enseignements de Bouddha s’adressaient aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Les femmes ont d’ailleurs eu le droit de recevoir l’ordination monastique, de le suivre et de faire pleinement partie de sa communauté. Au regard de la société indienne très traditionnelle de l’époque, ce fait témoigne de l’approche résolument moderne du Bouddha.

QUI ÉTAIT LE BOUDDHA ?

Le Bouddha est né Siddhartha Gautama, prince des Shakya, entre le VIe et le Ve siècle avant notre ère, et a vécu et enseigné dans la vallée du Gange (Nord de l’Inde actuelle). 

Le Prince Siddhartha Gautama a renoncé à son statut princier et embrassé la voie d’un ascète errant. Après avoir étudié avec les grands maîtres de son époque, il a atteint l’éveil à 35 ans. On a alors commencé à l’appeler Bouddha Shakyamouni. “Bouddha” est un titre donné à celles et ceux qui sont “éveillés”. Shakyamouni veut dire “le sage des shakya”.

Il a alors inlassablement parcouru le Nord de l’Inde pendant 45 ans pour donner des enseignements aux personnes qui lui en faisait la requête et guider sa communauté croissante de disciples.

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Pourquoi le Prince Siddharta a-t-il quitté son palais ?

Le Bouddha est né dans une région du monde et à une époque de grand foisonnement intellectuel. Appartenant à une famille royale, il a reçu une éducation très poussée. D’un point de vue matériel, il ne manquait de rien. Néanmoins, il était insatisfait. Il avait le sentiment profond que quelque chose lui manquait et lui échappait. À 29 ans, il a pris la décision de quitter son palais et de s’engager dans une quête spirituelle profonde.

QUELLES SONT LES BASES DU BOUDDHISME ?

Lors de son éveil, le Bouddha a clairement identifié la cause de la profonde insatisfaction que nous ressentons tous, à un niveau plus ou moins manifeste. Il s’agit de ce qu’il appelle dukkha. Dukkha se réfère tout aussi bien au sentiment diffus et subtil de mal-être qu’aux niveaux plus grossiers de souffrance.

On dit que lors de son premier enseignement, le Bouddha a mis en mouvement la roue du Dharma (ou roue de la loi). Lors de cet enseignement, donné au Parc des Gazelles à Sarnath, le Bouddha a présenté les Quatre nobles vérités, c’est-à-dire les quatre principes de vie tels que les voient les aryas, les sages ou les nobles.

Quelles sont les 4 Nobles vérités ?

La première des Quatre nobles vérités est celle de dukkha.

Tout être humain est sujet à dukkha, cette insatisfaction fondamentale.

Mais dukkha a une origine, une cause.​

La cause profonde est notre confusion au sujet de la réalité. C'est la deuxième vérité, celle de l'origine.

Ayant une origine, il n'y a pas de fatalité, nous pouvons mettre fin à dukkha en mettant fin à notre confusion.​

C'est la troisième vérité, celle de la cessation.

Et une voie précise, une méthode, mène à la cessation définitive de toute forme de dukkha.​

Il s'agit du noble sentier octuple. C'est la quatrième vérité, celle du chemin.

Le Bouddha a donc, dès son premier enseignement sur les Quatre nobles vérités, exposé les principes fondamentaux permettant une libération définitive de la souffrance (de dukkha). Tous les enseignements qu’il a ensuite donnés, qui forment le canon bouddhique, viennent préciser et approfondir ce premier enseignement.

Les Trois Joyaux dans le bouddhisme

Le Bouddha a précisé l’importance et le rôle de ce qu’il nomme “les Trois Joyaux” (Skt. Tri-ratna), dans lesquels la personne engagée dans la pratique bouddhiste “prend refuge”.

Les trois refuges peuvent tout à la fois être vus comme s’intégrant dans des pratiques bouddhistes qui s’apparentent à des pratiques religieuses, ou tout simplement comme un sentiment de confiance que le pratiquant est invité à développer afin de progresser sur son chemin.

L’analogie traditionnellement utilisée relève du domaine médical, ce qui témoigne de l’aspect résolument pragmatique de l’approche bouddhiste :

  • Le Bouddha est semblable à un médecin qui pose un diagnostic.
  • Vient ensuite le Dharma, son enseignement, qui est semblable au médicament que l’on doit prendre.
  • Enfin, sa communauté, le Sangha, est comparée à des infirmières qui aident le malade à recouvrer la santé en l’encourageant sur le noble chemin octuple.

Zoom sur le chemin qui mène à la cessation de la souffrance

La tradition des anciens, le théravada (aussi parfois appelé Petit véhicule), présente 8 stades à la libération : il s’agit du Sentier octuple (aussi appelé noble sentier octuple).

Ces 8 aspects (qui forment donc le chemin décrit par la quatrième noble vérité) sont :

La vue juste

La pensée juste

La parole juste

L'action juste

Les moyens d'existence justes

L'effort juste

L'attention juste

La concentration juste

Dans la tradition mahayana (aussi appelé Grand véhicule), le sentier octuple est habituellement présenté en 3 stades :

  1. L’éthique : Skt. sīla. Sont ici présentés les préceptes bouddhistes, dont les cinq préceptes fondamentaux, qui permettent de se défaire des actions nuisibles. L’importance d’adopter un comportement éthique — ou moralité bouddhiste — repose sur le compréhension de la loi de la cause à effet, Skt. karma.

  2. La concentration : Skt. samādhi. S’appuyant sur les pratiques éthiques, différentes pratiques de méditation peuvent être entreprises. Le calme mental (Skt. Shamatha) est la forme privilégiée de concentration, qui favorise un état de sérénité intérieure – un certain équilibre intérieur grâce à une pacification du mental

  3. La sagesse : Skt. Prajñā. Le plein développement de la sagesse permet une libération définitive de dukkha.

Ces deux présentations, celle du Petit véhicule et celle du Grand véhicule, se recoupent et se soutiennent l’une l’autre. Elles ne sont pas contradictoires, mais complémentaires.

La modernité de l'enseignement du Bouddha

Notre époque se caractérise par de nombreuses craintes, de l’anxiété diffuse et de nombreuses personnes sont victimes d’un sentiment de mal-être.

Tous ces maux sont ceux que le Bouddha a identifiés. Les méthodes présentées par le Bouddha visant la libération de la souffrance sont d’une utilité et d’une actualité surprenantes.

C’est probablement pour cette raison que la méditation est, depuis plusieurs années, pratiquée par un nombre croissant de personnes qui retrouvent grâce une paix intérieure grâce à ces techniques millénaires.

La philosophie bouddhiste intéresse elle aussi un nombre croissant de personnes. Le maître indien Nāgārjuna a même intégré en 2020 la liste des philosophes du programme de philosophie de Terminale au baccalauréat.

L'importance de la voie du milieu

La voie du milieu mise en avant dans les enseignements de Bouddha résonne de façon très puissante pour nos contemporains. En effet, Siddharta Gautama, quand il était encore prince, était noyé dans les plaisirs des sens. Quand il a quitté son palais, il s’est engagé dans une voie de privation, d’ascétisme extrême.

C’est la découverte de la voie du milieu (aussi appelé chemin du milieu) qui a permis à Siddharta Gautama de devenir Bouddha, d’atteindre l’éveil.

Le chemin du milieu est une voie d’équilibre
entre les extrêmes que sont d’une part la poursuite du bonheur dans la dépendance aux plaisirs des sens et d’autre part la voie de la privation par un ascétisme et un renoncement extrêmes.

Entre les excès, le cœur trouve la paix.

Le Bouddha

Le chemin du milieu propose une approche équilibrée de la vie qui favorise un bien-être stable et durable.

À notre époque de crise écologique et de vastes bouleversements, l’approche proposée par le chemin du milieu résonne avec les préoccupations de nombreuses personnes. Elle fait par exemple écho à la sobriété heureuse qui invite à simplifier sa vie et à renoncer au superflus pour se relier à une joie, une sagesse et un amour profonds.

COMMENT L'ENSEIGNEMENT DU BOUDDHA S'EST-IL DIFFUSÉ ?

Le Bouddha Shakyamuni est né et a enseigné dans le Nord de l’Inde actuelle. Du Ve siècle avant notre ère jusqu’au XIIe, de multiples courants et écoles bouddhistes ont vu le jour en Inde et se sont répandus dans toute l’Asie.

La diffusion du bouddhisme grâce à la Route de la soie

Au IIIe siècle avant notre ère, le souverain Aśoka unifie le sous-continent indien et le bouddhisme se diffuse au Sri Lanka (Ceylan). 

Dès le IVe siècle, des pèlerins venus de Chine embrassent la philosophie bouddhiste et la ramènent dans leur pays. Aidée par les routes commerciales de l’époque (notamment la célèbre Route de la soie), le bouddhisme gagne l’Asie : la Malaisie, l’Indonésie, le Myanmar, le Vietnam, mais aussi le Japon et la Corée.

Pour des raisons encore obscures aujourd’hui, le bouddhisme finit par presque disparaître de sa terre natale autour du XIIIe siècle. 

Dans chaque pays où ils s’installent, les enseignements du Bouddha Shakyamuni se mêlent aux traditions culturelles et spirituelles locales. Chaque région adopte tel ou tel véhicule, certaines vues philosophiques et s’enrichit de rituels religieux influencés par les croyances indigènes.

En Chine par exemple, le bouddhisme s’inspire notamment de la pensée philosophique de l’esprit seul (cittamātra ou yogacāra) et devient le Chan (qui signifie « concentration », du sanskrit dhyāna). Le Chan arrive au Japon et se combine avec le shintoïsme traditionnel pour devenir le Zen.

Au fil des siècles, les enseignements du Bouddha Shakyamuni s’implantent dans différents pays qui les adaptent afin de répondre aux besoins et spécificités culturelles de chaque lieu. Différents courants (ou écoles) voient le jour. Ainsi à partir du Ve siècle, les écoles nées en Chine (comme le Zen) se diffusent en Corée et au Japon.

La diffusion du bouddhisme au Tibet

En ce qui concerne le Tibet, les enseignements de Bouddha Shakyamuni y ont tout d’abord été introduits par le grand maître indien Padmasambhava au VIIIe siècle. 

Puis, à la suite d’une période de répression sous le roi tibétain Langdarma (863-906), le bouddhisme connaît une déclin et une certaine confusion.

Afin de revivifier le bouddhisme au Tibet et de clarifier le sens des enseignements du Bouddha Shakyamuni, le roi Yéshé Eu (959–1040) invite le grand maître indien Atisha (982-1054).

Les écoles tibétaines

Au XVe siècle, le maître Tsongkhapa effectue un énorme travail de synthèse et de systématisation du chemin bouddhiste. Après son décès, ses disciples fondent une nouvelle tradition tibétaine, l’école guéloug, à laquelle appartient la lignée de réincarnations des Dalaï Lamas.

Deux autres traditions prennent forme à la même période, l’école sakya et l’école kagyu, tandis que les pratiquants fidèles à la tradition préexistante constituent l’école nyingma.

Le mouvement rimé

Ces différentes traditions offrent des éclairages complémentaires et s’enrichissent mutuellement. Cette vision d’ouverture trouve une expression particulière dans le mouvement rimé, né au XIXᵉ siècle sous l’impulsion de grands maîtres tels que Jamgön Kongtrül Lodrö Tayé, Jamyang Khyentsé Wangpo ou encore Chogyur Lingpa.

Animés par un profond esprit de non-sectarisme, ces maîtres œuvrent à préserver et transmettre l’ensemble des lignées authentiques du bouddhisme tibétain, considérant chacune comme un trésor précieux.

Leur approche continue d’inspirer de nombreux pratiquants et enseignants aujourd’hui, soulignant que la diversité des écoles ne constitue pas une opposition, mais une richesse permettant d’approfondir la compréhension et la pratique du Dharma sous de multiples angles.

De l'Asie à l'ensemble de la planète

On observe ainsi que pendant vingt-cing siècles, le bouddhisme se diffuse dans toute l’Asie par vagues successives. Chaque pays développe ses traductions des textes fondamentaux et ses propres écoles bouddhistes. De nombreux grands maîtres respectés et pratiquants réalisés émergent dans chaque tradition.

Après s’être adapté aux différentes cultures asiatiques, au XXe siècle, l’enseignement du Bouddha se diffuse presque partout dans le monde. L’invasion du Tibet par la Chine au milieu du siècle pousse à l’exil de nombreux tibétains, dont Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui trouve refuge en Inde. Depuis l’Inde, le Népal et le Bhoutan, les différentes écoles tibétaines, la tradition du bouddhisme vajrayana et la philosophie bouddhiste se répandent en Amérique du Nord et en Europe. 

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