Comment aider nos proches au moment de la mort

Comment aider nos proches au moment de la mort

Nous devons nous préparer à la mort

Notre plus grand don aux autres

Le jour où l’un de vos proches mourra soudainement et que vous ne saurez pas quoi faire pour l’aider, vous vous sentirez extrêmement perdu, désorienté. Une de mes étudiantes bouddhistes m’a récemment confié que c’est ce qui lui était arrivé lors du décès inattendu de son père. J’ai réalisé à quel point il est important de savoir comment aider les autres au moment de la mort. Au fur et à mesure que vous vieillissez, vous entendez vraiment parler de gens qui meurent – votre famille mourra, vos amis mourront (vos ennemis aussi !) – il faudra donc que vous soyez préparé à aider. Cela ne concerne pas que ceux qui travaillent avec les mourants. Tout le monde devrait apprendre à aider. Aider nos proches au moment de leur mort est le meilleur service que nous puissions leur offrir, le plus grand cadeau. Pourquoi ? Parce que la mort est le moment le plus important de notre existence : c’est au moment de la mort que la prochaine renaissance est définie. En fournissant l’aide et l’environnement adéquats, nous pouvons aider notre proche à mourir paisiblement, avec des pensées vertueuses, et à obtenir ainsi une bonne renaissance.

Les besoins spirituels sont primordiaux

Nous devons, bien sûr, satisfaire les besoins physiques de nos proches au moment de la mort mais les besoins spirituels sont primordiaux. Mourir l’esprit heureux, en paix, c’est là une affaire spirituelle. Certains y sont préparés mais d’autres non, parce qu’ils ne pensent jamais à la mort.

Comment aider ?

Les enseignements bouddhiques expliquent que les pratiquants les plus avancés sont joyeux quand ils meurent, comme s’ils rentraient chez eux voir leur famille après une longue absence. Les pratiquants de capacité intermédiaire sont heureux et à l’aise au moment de mourir et ont la certitude d’obtenir une renaissance heureuse. Et même les pratiquants de capacité inférieure meurent sans inquiétude ou crainte, la mort ne les perturbe pas du tout. Le bouddhisme tibétain mahayana dispose de beaucoup de méthodes très puissantes pour aider les gens avant qu’ils ne meurent, pendant qu’ils meurent et même après leur mort. Il y a deux aspects dans l’aide à apporter à un mourant.

Aider votre proche à être paisible

Tout d’abord, la plus importante des choses est d’aider la personne à se préparer psychologiquement afin qu’elle meure avec un esprit positif et heureux. Mourir sans colère ou saisie est vital pour une mort heureuse et une bonne renaissance, et cela devrait être une priorité dans nos pensées lorsque nous sommes auprès d’une personne mourante. L’aide que nous donnons peut produire une meilleure renaissance et un chemin rapide pour atteindre toutes les réalisations et finalement l’éveil. Ce don est absolument inestimable, d’une valeur bien supérieure à celle d’univers emplis de joyaux qui exaucent les souhaits.

Les pratiques qui aident

En second lieu, il existe de nombreuses pratiques spirituelles qui peuvent être faites avant, pendant et après la mort, qui peuvent aider votre proche à bien mourir et à obtenir une parfaite renaissance humaine ou bien une renaissance dans la terre pure d’un bouddha. J’ex-pliquerai quoi faire à chaque étape. Il ne faut pas penser : « Oh, je ne sais pas quoi faire ». Rappelez-vous, en tant que bouddhiste, le fondement de toute pratique est le refuge : s’en remettre au Bouddha, au Dharma et à la Sangha. Au moment de la mort, par exemple, avec une foi puissante, vous pouvez visualiser Bouddha au-dessus de la tête de votre proche et prier fortement qu’il purifie immédiatement tout son karma négatif et obtienne une bonne renaissance. Même si vous ne connaissez aucune autre pratique, rien d’élaboré, il est certain que cela aidera.

Aider ceux qui ne peuvent pas comprendre

En ce qui concerne les bébés, les jeunes enfants ou quelqu’un qui a perdu ses facultés mentales en raison d’un coma ou d’une démence, tout comme pour les animaux, il n’y a pas grand-chose qu’ils puissent faire par eux-mêmes. Le moins que nous puissions faire est de les aider à être paisibles et à mourir l’esprit heureux. Ce n’est pas tout. Recevoir les bienfaits des nombreuses pratiques présentées dans les chapitres 13 à 18 ne dépend pas de la compréhension de la personne ou de l’animal. Le simple fait d’entendre le son des mantras, des prières, des enseignements ou de voir des images saintes laissera une empreinte positive sur leur esprit qui peut activer des graines karmiques vertueuses au moment de la mort, leur permettant de recevoir une bonne renaissance. C’est là un don précieux que nous leur faisons.

Avant d’aider les autres lors de la mort, vous devez préparer votre propre mort

Avant d’être en mesure d’aider quelqu’un d’autre à mourir, vous devez apprendre à préparer votre propre mort. Si vous regardez votre esprit et l’attachement puissant que vous avez, je pense que vous verrez qu’il y a là un gros travail à faire avant de pouvoir regarder la mort en face – cela est vrai pour quasiment tout le monde. Vous êtes-vous libéré de l’attachement à vos biens ? À l’être qui vous est cher et à vos amis ? À votre carrière et à votre réputation ? Pourriez-vous vous séparer joyeusement de votre corps demain ?

 

Écrivez-le !

Alors, notez ce que vous voulez pratiquer au moment de votre mort, comment vous voulez mourir. Écrivez-le dans votre journal, maintenant ! Que vous mouriez progressivement ou soudainement, vous avez besoin de savoir cela. Sinon, quand la mort viendra ou quand le médecin vous dira que vous avez un cancer, vous n’aurez pas le temps de vous préparer et vous céderez à la panique à cause de votre attachement à cette vie. Vous n’aurez pas de renoncement, rien que la saisie de cette vie. Au moment de la mort, dans votre esprit cela ressemblera à : « Mais tu n’as rien préparé ? Rien du tout ? Tu ne sais pas du tout quoi faire ! » Vous n’avez rien prévu, vous n’y avez jamais songé. Vous n’avez pas eu une bonne et solide pratique du Dharma : accumuler des mérites, purifier, méditer sur la voie de l’éveil, planter des graines de la voie dans votre esprit. S’il en est ainsi, au moment de la mort, il n’y aura pas de différence entre celui qui ignore tout du Dharma et celui qui connaît le Dharma mais qui n’a pas pratiqué. Comme c’est triste ! Alors, préparez-vous maintenant, notez ce que vous allez pratiquer, ce que vous avez l’intention de faire, aussi quand la mort viendra serez-vous capable de le faire facilement. Voilà qui est très intelligent, je dirais. C’est l’action d’une personne extrêmement intelligente.

N’attendez pas que la mort survienne

Mais se préparer une mort heureuse ne dépend pas seulement des pratiques au moment de la mort. Une mort heureuse dépend de la façon dont nous vivons notre vie chaque jour, à chaque moment. Pratiquer la patience quand quelqu’un est en colère après nous, nous provoque, ou nous manque de respect, par exemple, est une préparation concrète pour la mort. Pratiquer ainsi chaque jour nous protège de la création de karma négatif et rend la mort plus légère, moins effrayante. L’avenir dépend du présent. Pratiquer tous les jours et se préparer au moment de la mort est de loin une chose plus importante que d’aller faire des bilans à l’hôpital, parce que la mort peut arriver à tout moment, même pour les gens en bonne santé. Aujourd’hui, beaucoup de personnes sont mortes, certaines étaient malades mais d’autres étaient en bonne santé. Quand vous pourrez mourir avec la conviction que vous ne renaîtrez pas dans les états d’existence inférieurs, que vous obtiendrez sans problème une bonne renaissance, un bon avenir, que la mort n’est qu’un changement, que vous laissez ce vieux corps malade pour un nouveau, en bonne santé, alors vous serez prêt à aider les autres qui sont en train de mourir. Vous serez capable d’expliquer les choses d’une façon habile, adaptée à leur esprit. Vous créerez les conditions favorables pour que leur esprit soit transformé en vertu au moment de la mort. Vous saurez les aider à mourir l’esprit heureux. Et en plus de cela, une fois familiarisé avec ce qu’il faut faire, vous pourrez dire aux autres comment ils pourront vous aider au moment de votre mort.

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Pour recevoir votre livre, vous pouvez le pré-commander jusqu’au 21 février 2020 ou devenir Ami des Éditions Mahayana.
Vous recevrez votre exemplaire par la poste à partir du 28 février.

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